Interview de Raoul Rossi

Dans ce long entretien, Raoul Rossi revient sur l’expérience de la réalisation du film « Coglais, Avril 68 ». On apprend notamment que d’autres films ont été fait dans la même démarche, dans d’autres coins de France. Merci à Michèle Péju pour nous avoir donné connaissance de cet article.

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Les films en DVD

En 2016, pour clôturer ce beau projet, nous avons édité un DVD regroupant les deux films.
Cette édition a été l’occasion d’un travail de recherche autour du film de 1968. Nous lui avons concocté un générique lors de trois projections publiques et avons retrouvé une version numérisée de qualité supérieure. En compléments de ce DVD, nous avons joint une sélection d’articles publiés dans la presse locale à la fin des années 60.

Pochette du DVD "1968coglais2015"

On peut se procurer ce DVD grâce à ce bon de commande DVD …1968 COGLAIS 2015…
ou en payant en ligne via la boutique POINT BARRE

Générique 1968

Les 3 projections spéciales nous ont permis de mettre en forme un générique pour le film de 1968.

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On cherche à reconnaître ceux qui ont participé au film de 1968, comme ici à Saint Marc.

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Générique « Coglais 68 » – Appel à témoins

Nous allons éditer le film « Coglais, septembre 2015 » en DVD et le film « Coglais, avril 1968 » sera en bonus  dans une version restaurée.

Pour cette édition, nous prenons le parti de doter le film « Coglais, avril 1968 » d’un générique. Pour composer ce générique, dont il était jusqu’alors dépourvu, il nous faut faire appel à notre mémoire collective. Et puisque la mémoire collective est la somme de mémoires individuelles, nous faisons appel à la mémoire de tout un chacun.

Aussi, si vous reconnaissez des gens qui ont participé à ce film, merci de nous en informer par e-mail via le formulaire présent sur ce site.

On peut voir le film « Coglais, avril 1968 » dans sa version non restaurée, ci-dessous.

Ce film est un portait du Coglais en 1968 à travers ceux qui y vivent. Certains apparaissent à l’écran, d’autres s’expriment dans la bande-son et d’autres encore sont derrière les caméras. En reconnaissez-vous quelques-uns ?

Les souscripteurs ont répondu présents

Merci.
Vous avez été environ une centaine à nous faire confiance en répondant à notre appel à souscription au tarif préférentiel de 10€.

Votre soutien nous permet, dans la continuité de l’aventure de création collaborative, d’éditer en DVD le film réalisé en 2015 avec les habitants. Le DVD est un trait d’union puisqu’en plus du film « Coglais 2015 », il contient, en bonus, le film « Coglais 1968 » dans une version restaurée.

Dans la presse, en 1970

Retrouvé collé dans la boîte métallique de la pellicule 16mm, cet article nous en dit un peu plus sur le contexte de création du film de 1968.
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Réunion de famille

Cookie et Héron philosophe

Ce week-end d’avril 2016, nous avons rencontré la famille de Raoul Rossi. Sa veuve Pierrette et sa fille Françoise ont répondu à notre invitation et nous les avons retrouvées à la gare de Rennes puis direction le Coglais. Samedi 9 avril, nous nous sommes donnés rendez-vous dans la salle Guy Tazartez au sein des Hameaux du Coglais pour (re)découvrir le film Coglais Avril 68 lors d’une projection en 16mm. Le choix de la salle n’est pas anodin : Guy Tazartez (médecin à Saint-Brice-en-Coglès, très engagé dans la création de l’Association pour le développement économique et culturel du Coglais) était un grand ami de Raoul Rossi. Les deux étaient en fait amis d’enfance au Caire et aux Éclaireurs de France ; Raoul était « Cookie », Guy « Héron philosophe ». Ils ont fait ensemble le voyage vers Paris où ils ont partagé une chambre d’étudiant. C’est donc assez logiquement que Tazartez a fait appel à Rossi lorsqu’il a été question de réaliser un film diagnostic pour servir de support à une pensée collective des Coglaisiens sur leur territoire et son devenir. Leur amitié aura durée toute leur vie et tout deux sont décédés en 2006. Hasard du calendrier, note Françoise Rossi, Raoul Rossi est décédé le 7 avril 2006. Presque dix ans jour pour jour.

Rossi-TazartezAntonin Alloggio, Alain et Pierre-Yves Tazartez et deux élus du groupe culture à Coglais Communauté entourent Pierrette et Françoise Rossi. Devant le projecteur 16mm Debrie MB15 chargé du film Coglais Avril 1968, une photo des deux compères : Cookie et Héron philosophe ; Raoul et Guy.

Bobine 16mm

Évidemment le film de 1968 n’a pas été tourné avec une caméra numérique. Le format utilisé à l’époque pour le cinéma documentaire professionnel est le 16mm. Le format 35mm était réservé au cinéma de fiction et les documentaristes ont jeté leur dévolu sur le 16 pour sa légèreté qui permettait de transporter le matériel sur le terrain, au plus proche du sujet. Nous avons eu la joie de retrouver une copie 16mm du film Coglais Avril 1968, restait à trouver un projecteur.
C’est le vieil Argentin désargenté Roberto Cedrón qui nous a sorti d’affaire en nous offrant le sien : un vieux Debrie MB15 resté caché dans un ancien bâtiment de surgélation de sardine dans le port de Douarnenez. Un petit coup de plumeau et quelques pièces chipées sur un autre trouvé sur le bon coin et hop, le clicliclac caractéristique.

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Au bout de ce lien, les premières images de la résurrection. C’est filmé n’importe comment, mais on peut entendre le doux son du projecteur : CLICLICLICLICLIC

Rembobinage
Et à la fin du film, il faut le rembobiner

La carte et le territoire

Au jour le jour, selon les usages, les « bassins de vie », les remembrements, les restructurations et les « nouvelles organisations des territoires de la République », les cartes évoluent. Elles évolueront demain et elles ont évoluées depuis hier.

Ci-dessous, un lien (cliquer sur l’image) vers le site GeoBretagne qui met en lumière les évolution de notre territoire depuis les années 1950.

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Cette page nous a été proposée par Frédéric Bodet, cartographe, responsable du Service Informations Géographiques à Coglais Marches de Bretagne.

Montage

Après le scénario et le tournage, le montage est le troisième temps de l’écriture filmique. C’est lors de cette étape que nous réunissons tous les éléments récoltés et que se structure la narration et le discours. Étape de gestation riche en émotion, elle stimule la matière grise et demande une concentration aigüe afin d’exploiter au mieux le travail réalisé lors des précédentes étapes de création.

Cette étape est assurée par Antonin Alloggio assisté de Joël Martins Da Silva sur la trame définie tous ensemble.

Second temps d’écriture

Le 15 juillet 2015, à peu près à mi-parcours de notre aventure filmique, nous avons réuni les habitants pour un second temps d’écriture. Dans les mois passés, nous avions réalisés les interviews des participants au film de 1968 et entamé une série de micro-trottoir.

Ce nouveau temps d’écriture a permis de réfléchir à la suite du film en décidant sur quoi mettre l’accent pour raconter le Coglais de 2015 et celui de demain.

Il a été décidé notamment de mettre l’accent sur les micro-trottoir pour faire en sorte que ce soit ces témoignages récoltés auprès des habitants lambda qui composent la colonne vertébrale du film.

Le Coglais en couleurs

Les 21 et 22 avril derniers, une vingtaine de personnes étaient au rendez-vous à Montours pour peindre la fresque sur un mur du tout nouveau parking du centre culturel et communautaire.

La trame, composée à partir des dessins offerts par les jeunes Coglaisiens, a été tracée la veille au soir au crayon de bois. Dès le 21 au matin, la douzaine de peintres apprentis ont été rejoints par une poignée de Péruviens qui avaient animées les rues briçoises lors du carnaval. Et les couleurs ont parlé plusieurs langues en même temps.

Tournage

Lors de la première semaine de tournage du 13 au 22 avril 2015, nous nous sommes réunis chaque jour avec quelques habitants qui se sont petit à petit mués en membres de l’équipe de tournage. Devant et derrière la caméra, nous avons fait des images dans deux-trois bourgs du Coglais et nous avons réalisé une poignée d’entretiens. Nous avons préparés ces entretiens ensemble et sommes allés à la rencontre de ceux qui ont pu nous éclairer sur le film « Coglais, avril 1968. » puisqu’ils y ont participé alors qu’ils étaient 47 ans plus jeunes, cinéastes en herbes. La roue tourne, l’eau coule sous les ponts et le film 2015 se construit peu à peu.

D’autres séances de tournage se sont étalées sur le printemps et l’été 2015 suivant la trame préparée en mars. De nombreuses rencontres et notamment toute une séries de micro-trottoir dans différentes communes du Coglais.

Trame de scénario

Après un premier trimestre 2015 consacré à une série de projections-rencontres auprès des habitants du Coglais, suite aux échanges avec les collégiens fin mars et les premières rencontres d’écriture des 21 et 22 mars, nous sommes en mesure de tisser la trame choisie pour le film à naître. Nous vous faisons part ici de quelques notes de travail qui peuvent permettre d’imaginer le film  » Coglais 2015 « .

Il y a eu des échanges avec les jeunes de l’espace jeunes, avec les collégiens des deux collèges de Saint-Brice, puis le temps de travail avec une vingtaine de Coglaisiens volontaires et ce que nous pouvons dire d’emblée c’est que la volonté est de se tourner vers le futur. Prendre le film de 1968 comme base pour se projeter.

De cette envie de « conjuguer au présent » ressort aussi le souhait de faire en sorte que le film s’adresse, en quelque sorte, aux générations futures. Non pas par délire d’immortalité, mais pour laisser une trace de 2015 pour 2050.

Concernant la forme, une remarque est souvent revenue : « on ne voit pas tout le Coglais ». Il s’agira pour 2015 de filmer au moins les bourgs des 11 communes qui composent aujourd’hui notre territoire.

Par recoupement des envies des uns et des autres, nous entrevoyons la trame suivante :

  1. État des lieux. Faire le lien 1968-2015, constater l’évolution du territoire.
  2. Présenter, faire le diagnostic du Coglais en 2015.
  3. Coglais etc… Lancer des pistes pour le futur.

 

N.B. Tout ceci est une trame, un ensemble de pistes. Il y a toujours un écart entre le scénario et le film fini. C’est d’ailleurs ce qui donne son sens, sa saveur à l’aventure.
Écriture, tournage, montage. Work in progress…

Raoul Rossi

La version numérisée du film dont nous disposons a été réalisée à partir d’une copie abimée et est dénuée de générique. De ce fait nous n’étions pas parvenu à identifier le réalisateur du film. Certains qui avaient participé au film en 1968 se souvenait d’un homme avec un nom en « i ». Après recherche, nous pouvons dire qu’il s’agit de Raoul Rossi.

Raoul Rossi est né au Caire en 1927, il est réalisateur de plus de 200 films. Des films expérimentaux et de nombreux documentaires souvent tournés selon les conditions du «cinéma-vérité». Il s’est beaucoup consacré à la question du film pédagogique et éducatif.

Il s’est investi pendant plus de 20 ans dans le SNTPCT (Syndicat national des techniciens et travailleurs de la production cinématographique et de la télévision) dont il a été membre, Secrétaire puis Président.

Certains de ses films, ont été applaudis dans des festivals internationaux :

  • 1963 : Grand Prix Vicenza pour La Rue
  • 1972 : Bucrane d’argent au Festival de Venise pour Le Musicien et son clavier
  • 1985 : Nomination au César du meilleur court métrage documentaire pour L’Écuelle et l’assiette

Nous ne pourrons pas inviter Raoul Rossi à partiper à l’aventure d’un nouveau film en 2015 car il nous a quitté le 7 avril 2006.

Le SNTPCT, et à travers lui toute la profession, lui rend hommage en se souvenant :
Homme libre, au verbe spontané dès qu’il s’agissait de pourfendre régression sociale et toutes médiocrités, Raoul Rossi incarnait tout à la fois une grande tradition et une certaine manière d’être cinéaste dans ce pays.

Il nous semblait important et indispensable de pouvoir nommer le réalisateur de ce film sans non plus lui construire un mausolée dont il n’aurait sans doute pas voulu. Le carton du début du film annonce « film réalisé par 15 jeunes du canton et 6 jeunes venus d’ailleurs. ce film est leur film, comme il est celui de tous ceux qui y ont participé: par leur présence ou par ce qu’ils y ont dit. ». C’est donc aussi celui de Raoul Rossi.